Le luxe dans Dynastie

 

        Bien que Dynasty emprunte beaucoup à Dallas, le feuilleton fonctionne d’emblée sur un postulat différent : de l’aveu même de ses producteurs, il s’agit d’en mettre plein la vue, de faire passer les Ewing pour des "ploucs" en leur opposant la fortune extravagante et surtout bien plus ostentatoire des Carrington, fortune acquise pourtant dans la même branche, le pétrole.

 

 

 

 

 

 

 

 

       Dans la saga sise à Denver, au coeur des Montagnes Rocheuses – l’altitude, déjà, nous éloigne du monde des simples mortels -, il y a aussi des émotions et la passion prend diverses formes, mais c’est d’abord à un ballet d’événements nombreux et spectaculaires que nous sommes conviés. Surtout la série joue sans complexes des ficelles du genre, usant de rebondissements osés et combinant le glamour à ses autres composantes pour donner forme à une sorte d’hybride de Judith Krantz et du soap télé, un produit original où des stars du grand écran vinrent bientôt promener leurs visages plus ou moins oubliés, de Helmut Berger à Rock Hudson, Ali McGraw et George Hamilton. L’influence du cinéma de « l’âge d’or », celui des Garbo et des Swanson, marque particulièrement le milieu du feuilleton, que ce soit au niveau des costumes, des musiques ou au travers de personnages "hors-normes" (un prince, un roi, une vedette internationale, divers aventuriers...)

 

 

 

 

 

 

 

 

      D'autre part, pour que la richesse des personnages ait l'air crédible à l'écran, les producteurs mirent les petits plats dans les grands en coulisses: durant la deuxième saison, un épisode de cinquante minutes coûtait 1 million de dollars. Mais après la troisième année, quand les acteurs eurent perçu une augmentation de salaire, le coût grimpa jusqu'à près de 1,5 millions de dollars. La garde-robe à elle seule coûtait 25000 dollars par semaine (Le couturier Nolan Miller dépensa un jour 18000 dollars pour une robe recouverte de pierres précieuses), et comme les audiences grimpaient les producteurs et que les pontes d'ABC estimaient que leurs investissements payaient bien, aucune dépense ne fût épargnée.
     Sur le plateau, la nourriture provenait des meilleures épiceries, le caviar qu'Alexis consommait avec tant de plaisir était du beluga et non des oeufs de lump bon marché, et les fleurs aménagées dans la serre provenaient des plus grands fleuristes de Beverly Hills. Seul le champagne était faux, il s'agissait simplement d'une boisson gazeuse au gingembre mélangée à de l'eau.

Cet article est librement inspiré d'une critique de Thierry Le Peut, parue dans le numéro 16 du magazine "Arrêt sur série" et complété par un segment de l'autobiographie de Joan Collins, "Second Act", traduit par Thierry de Paris.




 
 
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